Centrale à béton à Flourens, suite et fin…

Agora

Article | 30 juin, par Michel DUNAND

« Il n’y aura pas de centrale à béton à Flourens », annonce la municipalité de Flourens le 26 juin 2018 dans un communiqué distribué dans les boites aux lettres des Flourensois.

La menace sur le quartier de Lasbordes que faisait peser le projet d’installation de la société Garrouste Béton dans la zone industrielle de la Madeleine, est donc officiellement écartée. Les habitants de Lasbordes peuvent être rassurés et se tourner maintenant vers le développement de leur quartier pour qu’il devienne une des « centralités agréables à vivre, sécurisées et très accessibles à pied ou en modes doux (qui) facilitent les activités culturelles, sociales et commerciales de proximité… », comme le préconise le CODEV de Balma. Les actions du Collectif Laisse Béton, appuyé par l’APCVEB, Flourens en Eveil et le Collectif Terres Fertiles, ont porté leurs fruits !

Il a fallu néanmoins multiplier les efforts car, le mois dernier, la mairie de Flourens ne laissait espérer aucune marge de manœuvre en vue d’un déménagement de l’industriel. Lors d’une réunion, organisée le 14 mai 2018, l’avocate de la commune excluait ainsi toute remise en cause du permis de construire de la centrale à béton, affirmant que « …sur les autorisations administratives, il n’y a plus rien qui puisse être contesté encore aujourd’hui  ». De même, les services administratifs de Toulouse Métropole n’avaient aucune solution à proposer pour atténuer les menaces pesant sur la circulation dans Lasbordes et sur la biodiversité du Noncesse : « dans la mesure où nous sommes sur une départementale, il est difficile d’interdire la circulation de poids lourds sur ce type de voirie, alors que justement elles sont faites pour cela », nous avait-il été expliqué.

Ce constat d’impuissance n’a pas découragé le dynamique Collectif Laisse Béton, auquel notre association a apporté un appui décisif. A partir de début avril, nous avons mené ensemble une batterie d’actions : analyse juridique du dossier, distribution de tracts d’information aux habitants, envoi de courriers aux élus des communes périphériques, rencontre des maires concernés, mise en ligne d’une pétition.

Nous remercions les 702 personnes (dont plusieurs élus) qui ont participé activement en signant la pétition, et ont ainsi contribué à soutenir la délégation d’élus lors de la réunion du 22 juin à la préfecture qui a permis de résoudre le problème.

Il reste pour le futur à surveiller les installations industrielles risquant de polluer l’environnement du Noncesse. Comme il nous faut continuer à œuvrer pour faire évoluer le PLUiH dans le sens d’un plus grand respect de la biodiversité et des espaces agricoles environnants. Rappelons que nous projetons en co-construction avec les deux communes, de faire de la vallée du Noncesse un Espace Naturel Sensible qu’il faut maintenant mettre en chantier. Nos observations s’accumulent notamment dans ce secteur et ce n’est pas moins de 795 observations qui ont pu être réalisées et validées.

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440 espèces différentes observées, dont des espèces protégées

Les actions conjointes portées par les citoyens, associations et élus ont permis de bloquer un projet industriel qui aurait généré d’importantes nuisances dans notre commune. Souhaitons que cet exercice de démocratie citoyenne puisse se poursuivre vers des actions de co-construction dans d’autres secteurs de Balma, comme ceux du Ruisseau de la Garrigue, de la Vallée de l’Hers, de la Plaine de Lasbordes, eux aussi menacés par l’urbanisation.

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