Les avions de Lasbordes et les "privilèges de vol"

Avions de Lasbordes

Article | 1er juillet, par André FONTANEL, Jean-François ALBERT

Dans notre lettre annuelle de Mars 2018, nous faisions part de nos inquiétudes suite à la réunion de la Commission Consultative de l’Environnement de l’Aérodrome de Toulouse-Lasbordes du 18 octobre 2017, inquiétudes dues à l’inactivité de Toulouse Métropole et au manque d’enthousiasme que nous ressentions de la part des aéroclubs et pilotes pour actualiser « la Charte de qualité de l’environnement de l’aérodrome » signée en 2004.

Le compte-rendu officiel de cette réunion nous a été transmis le 24/05/2018. Comme nous l’avions souhaité, il mentionne la mise en place d’un groupe de travail pour la mise à jour de la charte. Une première réunion de ce groupe de travail avait été programmée pour le 09/03/2018 puis annulée. Fin juin, aucune nouvelle date n’a encore été proposée. Le compte-rendu mentionne également l’avancement du classement national CALIPSO initié en 2006 par la DGAC qui permet de classer les avions en 4 catégories en fonction de leur niveau de bruit. On rappelle que cette classification comporte cinq classes sonores, de A (la moins bruyante) à D, (la plus bruyante), chacune comportant 30 sous-classes.

Les demandes de l’APCVEB

1. L’APCVEB demande que, malgré ses imperfections, le classement CALIPSO soit utilisé pour redéfinir les conditions à remplir pour pouvoir réaliser des activités d’écolage (tours de piste). Nous adoptons d’ailleurs complètement sur ce sujet les recommandations émises récemment par L’Union Française Contre les Nuisances Aériennes (UFCNA) [1], association qui regroupe la quasi totalité des associations de riverains en France.

En effet, l’UFCNA recommande d’ « Exiger que les avions autorisés à faire des tours de piste (TDP) soient en classe A (la moins bruyante). Les avions non classés A n’auront donc plus la possibilité de faire de l’écolage ».

La charte de l’aérodrome de Lasbordes signée en 2004 exige seulement que les avions faisant des tours de piste soient équipés de silencieux, mais l’expérience a montré que ce critère est insuffisant car les différents silencieux ont des efficacités très variables en fonction de l’appareil sur lequel ils sont montés.

Nous aurons à « nous battre » pour obtenir satisfaction de cette demande. En effet, il est très surprenant de lire dans un courrier de la DGAC que CALIPSO n’est pas destiné à créer des contraintes mais, au contraire, qu’il « importe d’accorder des privilèges de vol à tous les propriétaires qui ont consenti à classer leur avion, même si celui-ci est classé dans la classe D la plus bruyante..."la classification d’un avion doit donner des privilèges pour que la démarche demeure incitative » (sic) !

Comment les riverains pourraient-ils admettre une déclaration aussi surprenante ? Comment la DGAC pourrait justifier d’avoir mené des travaux pendant plus de 12 ans, aux frais des contribuables, si aucune conséquence positive n’en est tirée pour les riverains.

2. L’APCVEB demande que la classification CALIPSO soit aussi appliquée aux avions dits "voyage" : CALIPSO a en effet pour vocation de classer l’ensemble de la flotte en France quel que soit le type d’utilisation des aéronefs. Cette classification doit donc pouvoir être utilisée pour définir des conditions d’utilisation pour les avions dits « voyage » (ces avions réalisent plus de la moitié des mouvements à Lasbordes), en particulier à ceux qui sont les plus bruyants (classes C et D par exemple).

Quant aux avions dont les propriétaires n’ont pas fait l’effort de demander un classement (la mesure était gratuite jusqu’à une date récente), les mêmes restrictions d’exploitation que celles auxquelles sont soumis les avions faisant actuellement des tours de piste devraient s’appliquer.

[1] voir document joint