PLUiH : épais brouillard

Agora

Article | 19 février, par Renaud LAURETTE

Cet article fait partie de la lettre annuelle 2018, distribuée à l’ensemble des balmanais en mars 2018.

Le projet de Plan Local d’Urbanisme intercommunal Habitat de Toulouse Métropole publié fin 2017, repose sur 76 documents dont la lecture, même pour des spécialistes, s’avère laborieuse.

Pour Balma, la carte d’ensemble a été remplacée par un puzzle de 41 pages. Le règlement écrit a été éclaté en dispositions communes, en dispositions spécifiques liées à la zone et en règles graphiques, le tout devant être combiné pour reconstituer les règles applicables à une parcelle !

L’absence de cartes d’ensemble nous dépossède des moyens nécessaires pour comprendre et analyser les orientations générales du projet urbain.

Cette complexité n’est pourtant pas une fatalité, comme le montrent les sites internet d’autres métropoles consacrées au même sujet. L’APCVEB la déplore et met à disposition de tous des synthèses cartographiques sur Balma.

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PLUiH - Une nouvelle classification des zones
Pour permettre une analyse du projet, l’APCVEB propose sur son site une synthèse cartographique. Par exemple, sur cette carte, on constate l’étalement de l’urbanisation permis par le projet.

Sur le fond, la trame verte et bleue, imposée par la loi pour contribuer à préserver la biodiversité, apparait timidement et souffre de lacunes et de discontinuités. La notion d’espaces de biodiversité est même utilisée avec une certaine ambiguïté qui associe zones de loisirs (stades, aires de jeux) et préservation des milieux naturels, l’un et l’autre pouvant être incompatibles.

L’accueil des populations promu par ce PLUiH ne s’accompagne pas d’une identification forte des centralités, ni de réserves foncières suffisantes pour accueillir de nouveaux équipements publics et redimensionner la voirie structurante en accord avec une nécessaire densification.

Enfin les dispositions générales sur la qualité architecturale, paysagère et environnementale, les règlements des zones sont moins précis que ceux du PLU et laissent donc une large part à l’interprétation subjective, source potentielle de litiges.

La dispersion et la multiplicité des informations ne permettent pas facilement au citoyen de connaître l’ensemble des règles qui lui sera applicable, ni de comprendre ce qui changera réellement.