Une nécessaire démocratie participative ?

Gouvernance

Article | 19 février, par Annie DAMON

Cet article fait partie de la lettre annuelle 2018, distribuée à l’ensemble des balmanais en mars 2018.

Dans un contexte de défiance envers les politiques et de records d’abstention aux élections, la loi définit, depuis une vingtaine d’années, différentes formes pour une démocratie de plus en plus participative qui associe davantage le citoyen à la vie politique.

La « concertation de communication » reste, hélas, la forme la plus courante. Les réunions publiques où la parole est essentiellement donnée aux élus et à quelques experts, offrent l’apparence d’un dialogue avec les citoyens ; en réalité, le public est essentiellement passif et sa parole, sans effet sur les projets. Pourtant, à l’heure des économies budgétaires et des crises économiques endémiques, la démocratie participative peut être facteur d’efficacité (gain de temps, de deniers publics, apaisement social...) et remet l’humain au centre de la décision.

Pour participer, le citoyen doit d’abord être informé. Or le nombre et le niveau d’information accessible (par exemple « Open data » de Toulouse Métropole) et la consultation des dossiers avant les prises de décision constituent, malgré les évolutions législatives et la transparence de façade, une course d’obstacles. Cela illustre la réticence des politiques à partager l’information, à débattre et à prendre en compte l’opinion des citoyens.

L’APCVEB milite pour une réelle concertation basée sur un accès facilité à l’information. Impliquée par le passé dans les Comités Consultatifs, l’Agenda 21, ou le groupe de travail de l’Ecoquartier de Vidailhan, l’association a obtenu en 2015 un agrément Environnement, lui permettant d’être consultée en amont des enquêtes publiques. Elle a promu concertation et transparence dans une charte signée par les candidats à la dernière élection municipale, puis a obtenu du nouveau maire la création d’un COnseil de DEVeloppement local constitué de membres volontaires de la société civile. Les travaux du CODEV ont débuté en janvier 2017 et un avis vient d’être publié (voir notre site) en réponse à la saisine du Maire : « Peut-on préserver une commune entre ville et campagne ? Comment ? ».

La loi, les technologies et les aspirations des citoyens convergent pour permettre une intégration des citoyens dans l’élaboration des projets publics. Pour que la démocratie participative puisse réellement s’exprimer, les citoyens devront continuer à monter en compétence pour aiguiser leurs analyses et les élus devront comprendre qu’associer les citoyens en amont des grandes décisions est un atout majeur.

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