Vers de nouvelles formes urbaines

Quel aménagement de Balma après 2014 ?

Article | 13 janvier 2014, par Renaud LAURETTE

Les métropoles croissent "naturellement" par extension de leur centre. Ce modèle simple semble économiquement efficace, car il assure une continuité de la ville, et donc de ses réseaux (déplacements, énergie, eau, etc). Il a par contre l’inconvénient d’accorder peu d’attention à l’environnement.

Ce modèle permet peu de choisir la destination des sols car il repousse par définition la nature hors des murs. Par ce mécanisme, il peut conduire non seulement à gâcher des terres fertiles, mais il tend à éliminer les espaces naturels de la ville, se résignant souvent à une "couronne verte" qui se voit repoussée toujours plus loin.

Or ces espaces naturels en ville jouent plusieurs rôles importants :

  • en ponctuant une ville dense, il contribuent à modifier favorablement le cadre perçu par ses habitants, qu’y trouvent là un espace de respiration, de calme ou de détente.
  • astucieusement répartis, et au moyen de continuités disposées au sein même de la ville (chemins, sentiers, ruisseaux, etc ...), ils contribuent à la trame verte et bleue nécessaire aux espèces qui partagent avec nous le territoire, et évitent que les espaces urbains créent, à l’échelle régionale, des discontinuités infranchissables pour nombre d’espèces ;
  • la présence abondante de végétaux contribue au filtrage de l’air et à sa richesse en oxygène ;
  • les espaces naturels sont sensiblement moins chauds que l’espace urbain dense, et, au sein même de la ville, contribuent significativement à la régulation thermique de celle-ci. Ce point n’est pas à négliger dans un contexte global de réchauffement climatique.

Prenant en compte ces différents éléments, les urbanistes actuels favorisent un modèle dit "en archipel". De quoi s’agit-il ?

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Le modèle en archipel
Dans un modèle en archipel, la ville se décompose en ilots entre lesquels une trame d’espaces naturels peut être préservée.

Plutôt que de proposer une ville continue qui croisse sans limite, il s’agit de créer un ensemble d’ilots d’urbanisme entre lesquels puisse s’insérer des espaces verts et des cours d’eau, laissant ainsi la trame verte et bleu qu’ils constituent produire les avantages recherchés.

Ce modèle est parfaitement réalisable sans mettre en danger l’équilibre économique de la ville : dans chacun des ilots, l’habitat reste dense, permettant un déploiement efficace des réseaux. Un autre avantage certain est de conférer à chacun des ilots une identité perceptible par ses habitants ou ses visiteurs, évitant ainsi le risque de se sentir perdu dans une métropole toujours plus grande.

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Simulation d’aménagement à Lasbordes
Dans un modèle urbain en archipel, la priorité est donnée à la valorisation du patrimoine territorial (nature des terres, biodiversité, paysages, etc). Le regard est inversé : c’est dans les "creux" du patrimoine à préserver que se construit la ville. Celle ci trouve alors au sein d’elle même son identité et ses espaces de respiration. La simulation illustrée ci-dessus pour Lasbordes montre qu’une telle démarche laisse encore une large place à une urbanisation possible et que celle-ci peut être localement suffisamment dense pour rentabiliser les infrastructures. On notera par exemple la valorisation possible de la liaison que constitue le bus en site propre sur la route de Castres.

C’est un tel modèle que l’APCVEB préconise pour l’ensemble de la métropole, mais aussi, plus localement, à l’intérieur même de Balma.